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Ecrire les ressorts du "dedans" constitue pour moi une véritable aventure car il va me falloir raconter. Lecteur, toi qui liras ces pages, sois indulgent envers cet homme épris d'absolu qui a voulu échanger sa vie, donner en offrande ce qu'il a de plus cher : son temps, tout son temps, à cette œuvre qu'il tente d'élaborer.
J'ai commencé à peindre à l'âge de vingt neuf ans, c'est à cet âge que j'ai tenu pour la première fois un crayon. Mon premier dessin a été un dessin d'enfant, naïf, maladroit. Il s'est mêlé alors à ma résolution une grande part d'inconscience, un formidable pari car j'allais jouer ma vie sur une décision volontaire, peut-être irresponsable. Il suffisait de dire : je veux. J'allais bâtir ma vie sur une carrière de peintre, complètement aléatoire... C'était cela l'aventure dans laquelle je m'engageais. C'est à partir de ce choix que mon existence a pris une dimension nouvelle comme si je devenais le héros de ma propre vie.
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Ah ! ce jour de septembre 1973, lorsque je débarquais à Paris avec l'émotion d'un homme parti dans la précarité et dans l'incertitude. Bien sûr que mon premier geste fut celui de courir au Louvre, le regard avide, assoiffé de beauté et de tendresse. La rencontre s'opéra, l'échange se fit, c'était bien comme cela que je voulais peindre. Que pouvait bien signifier le terme de vouloir lorsqu'on veut mettre la barre à cette hauteur ? Je veux sauter deux mètres, non trois, pourquoi pas quatre... cinq ! C'est avec le temps, maintenant, que je réalise le degré d'inconscience, d'aveuglement qu'il m'a fallu à cette époque. Mais oui, folie d'un innocent, tout imbibé d'un rêve, d'un idéal : celui de peindre à la manière des grands maîtres de la peinture classique.
Pourquoi comme cela ? Pourquoi avoir choisi cette voie devenue marginale à notre époque ?
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